Figure 1 Publishing

Menu

The Newsroom

Profil « Ils désirent une patrie meilleure »

Deux fois par an, en été et en hiver, les nominations à l’Ordre du Canada – la distinction honorifique la plus prestigieuse de notre nation – sont annoncées. L’éventail des professions représentées a de quoi donner le tournis, mais l’on dégage des thèmes communs dans les choix qui sont faits : l’excellence, le service à la nation, la passion, l’innovation, le dévouement, l’intelligence.

Cette année, pour célébrer le cinquantième anniversaire de l’Ordre du Canada, la Fondation Rideau Hall a commandé ce livre afin d’encourager les Canadiens à en apprendre davantage sur les récipiendaires de cette prestigieuse distinction. En vente dès maintenant, Ils désirent une patrie meilleure, ce recueil d’histoires à la photographie magnifique met en vedette cinquante individus remarquables qui ont reçu cette distinction, comme l’astronaute Chris A. Hadfield, l’auteur Lawrence Hill, la chanteuse Céline Dion et l’athlète olympique Clara Hughes.

Afin de vous donner un avant-goût, nous sommes ravis de partager un extrait exclusif de l’histoire de Jean Béliveau, légende professionnelle du hockey sur glace, qui est devenu Compagnon de l’Ordre du Canada en 1998 et Officier de l’Ordre du Canada en 1969.

Sur la glace, il était une présence formidable avec ses six pieds trois pouces et ses 205 livres. Il était rapide, mais comme ses enjambées étaient longues et fluides, ce n’était pas tant sa vitesse qu’on remarquait que son élégance et son équilibre instinctif. À force de jouer au hockey avec ses amis pendant des heures quand il était enfant, il avait appris à manier le bâton comme personne. Il menait les montées la tête haute et avec un calme frappant. S’approchant du filet, « le gros Bill » comme on l’appelait, écartait grand les patins pour donner plus d’ampleur à ses feintes. Les pauvres gardiens en arrachaient.

Voyez tous les trophées que Béliveau a récoltés avec les Canadiens de Montréal, dont il fut le capitaine pendant dix ans : le Art Ross à titre de meilleur compteur, le Hart (qu’il a remporté deux fois) comme joueur le plus utile à son équipe, le Conn Smythe remis au joueur le plus utile à son équipe en séries éliminatoires et huit bagues de la Coupe Stanley. Et après avoir joué pendant près de vingt ans, 507 buts et 712 passes.

Mais Béliveau, malgré tous ces honneurs, accordait plus d’importance à sa famille – sa femme, sa fille et ses deux petites-filles – et à ses coéquipiers qu’à ses propres exploits. Il finançait sa propre fondation caritative et venait en aide à d’autres œuvres sans nombre, investissant dans son action bienfaisante la même élégance et la même humilité qu’il avait déployées sur la glace.

Ses fans lui faisaient parvenir des pâtisseries, des tapis tricolores, des murales, des objets tricotés; il recevait même des demandes en mariage. « Ce n’était pas là des hommages ordinaires, écrit Hugh Hood. C’était de l’amour. »

Les millions de personnes qui ont regardé les funérailles nationales de Jean Béliveau à la télévision en 2014 n’oublieront jamais l’hommage que lui a rendu son ancien coéquipier Yvan Cournoyer, qui, comme l’interprète qui le traduisait, s’est étranglé sur ses larmes en disant : « Oh capitaine, mon capitaine, bon voyage! »

Le chroniqueur sportif Michael Farber a décrit plus tard comment ce bel homme se conduisait, avec sa générosité, sa compassion, son aisance en anglais comme en français. « Jean Béliveau était ce que le Canada avait de mieux à offrir. Si son pays s’était regardé dans le miroir dans l’espoir d’y trouver une image flatteuse de lui-même, c’est le visage de Jean Béliveau qui lui aurait apparu. »


February 10, 2017
Previous / Next